Une communauté au service de l’Évangile
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Notre histoire
La paroisse Saint Esprit de Tabligbo compte parmi ses stations secondaires le village d’Ese Ana. C’est dans ce village qu’en 1864 les missionnaires de la Société des Missions Africaines de Lyon, venants de Ouidah, on donné les premiers baptêmes. Depuis lors l’évangélisation s’est répandue dans notre région surtout avec la collaboration de trois congrégations religieuses : les missionnaires allemands de la Société du Verbe Divin (SVD), les missionnaires français de la Société des Missions Africaines de Lyon (SMA) et les Missionnaires Comboniens du Cœur de Jésus (MCCJ).
Le plus grand poids du travail d’évangélisation revient aux catéchistes, qui d’une manière héroïque, ont dépensée leur vie pour l’annonce de l’Evangile.
C’est dans ce cadre que s’insère l’histoire de la paroisse Saint Esprit de Tabligbo qui aujourd’hui fête son Jubilée d’argent : 25 ans d’évangélisation, de progrès spirituel et humain pour toute la population de Yoto.
Ce livret, qui parait à l’occasion de ce Jubilée d’argent, veut rendre honneur et maintenir vivante la mémoire de tous ceux qui ont travaillé pour répandre l’Evangile de Jésus Christ dans cette région.
Ces pages veulent être témoignages écrits d’une histoire sainte qui a comme protagonistes des gens simples, quelques uns venus d’ailleurs
et d’autres nés dans cette région, et qui l’ont transformée avec leur foi dans le Christ Jésus.
Leur exemple nous encourage à continuer à témoigner l’Evangile, parole de vie et d’espérance de joie, qui rend capables d’aimer.
En lisant ces pages, tu trouveras, peut être, ton nom.
Il est là parce que tu fais partie d’une histoire sainte qui s’écrit jour après jour sous nos yeux, là où le Seigneur nous donne de vivre.
D’autres après nous continuerons à être témoins de l’Evangile en cette région et leur nom ne seront pas oubliés.
C’est Dieu lui-même, qui continue son œuvre. Qu’il en soit béni et loué.
LES PREMIERS MISSIONNAIRES : ALLEMANDS ET FRANÇAIS.
La première communauté chrétienne dans la région de Tabligbo a commencée avec les missionnaires SMA qui venaient d’Ouidah en remontant le fleuve Mono. De Tokpli ils entraient dans le Gboto et Gboto Assigame était leur premier centre. A ce moment là Tabligbo n’était qu’une ferme.
Les missionnaires SVD allemands étaient arrivés dans l’actuel Togo avec les colons après le traité de Protectorat entre les Allemands et le chef de Togoville et ils avaient commencé tout de suite leur travail d’évangélisation. Ils étaient favorisés en cela par les autorités coloniales.
Monsieur H. Mensager, formé à l’Ecole coloniale et envoyée après sa formation en Afrique, était préfet et aussi missionnaire et chargé des célébrations et prières. Il suivait en même temps les problèmes sociaux, politiques et religieux.
La ville de Tabligbo est construite en 1914 au temps des Allemand. La construction de la chapelle a été commencé par les Pères allemands et en 1922, par les missionnaires Français qui avaient remplacé les Allemands, contraints à partir en 1917, une fois que l’armée allemande avait perdu la guerre l’ont achevée.
La chapelle était servie par Agbenoko, qui a été le premier enseignant et catéchiste, et les premiers élèves furent : Simon Aho, Tevon Gabriel, Frédéric Viagbo Anato, Adolphe Agboyi (Kapita). A ce moment il y avait une seule classe ave un seul enseignant. Pour continuer les études certains élèves partaient à Tsévie. Le maitre Agbenoko a été remplacé par Ignace.
TABLIGBO : STATION SECONDAIRE DE LA PAROISSE DE ANEHO
L’église de Tabligbo existait au temps du Protectorat allemand sur le Togo assistée par les missionnaires SVD, Société du Verbe Divin, allemands. Leur premier catéchiste était M. GBIKPI, le père de Monseigneur GBIKPI, qui est né à Tabligbo. Tabligbo est une station secondaire qui dépendait d’Aneho
La déclaration de guerre en 1914 surprit le Togo en plein essor économique. Les allemands durent se rendre aux anglais et aux français qui avaient envahi le pays en provenance de la Gold Coast (aujourd’hui Ghana) et du Dahomey (Bénin). Les missionnaires furent traités comme des ‘ennemis’. Il ne leur était pas permis de quitter leur résidence. Les écoles furent fermées. Vers la fin de 1917, tous les missionnaires de moins de 45 ans (32 prêtres et 12 frères) furent amenés en Angleterre comme prisonniers de guerre. Quelques semaines plus tard, les missionnaires plus âgés et les sœurs durent suivre le même chemin : c’en était fini de la mission catholique allemande au Togo.
C’est ainsi que le Togo fut la proie des anglais et des français qui se partagèrent l’ancienne colonie allemande.
Après le départ des Allemands, le catéchiste Gbikpi retourne à Aného d’où il était originaire.
Les missionnaires français SMA, Société des Missions Africaines, continuent la méthode d’évangélisation des missionnaires allemands. Le nouveau catéchiste de Tabligbo est EFOE Ignacio. Il habite Aného et il fait des tournées régulières dans la région : de Aného il va à Glidji, où il séjourne, il continue sur Aklakou, où il prend la pirogue pour remonter le Mono et il arrive à Tokpli où il séjourne. Il arrive à Tabligbo d’où il prend le vélo pour arriver à Vogan et enfin il rentre à Aného. Il effectue cette tournée deux ou trois fois dans l’année. Dans ses passages dans les villages, le catéchiste Efoé enseigne aux fidèles, il prie avec eux et il forme les catéchistes.
Pour la communauté chrétienne de Tabligbo, le catéchiste Efoé Ignacio forme AFAGNIBO Jean Baptiste pour Tabligbo.
Celui-ci est décédé tout récemment, le 25 Janvier 2010 et il est enterré à Tabligbo.
Les premières fidèles de Tabligbo se réunissaient sous une paillote à Akpadja kondji. Ensuite, un grand terrain a été donné aux prêtres: c’est l’actuelle parcelle de la paroisse.
Mgr Dosseh Anyron, archevêque émérite de Lomé, nous parle des débuts de l’église dans la région de Tabligbo. « Quand je pense à l’évangélisation de Tabligbo, il me vient à la mémoire le nom du p. Videl et du P. Chazal, missionnaires SMA, arrivés au Togo le 25 juin 1923, et avec eux le nom d’un catéchiste Michel Da Silveira, souvent accompagné par mon père, Casimir Dosseh.
Ces missionnaires, prêtres et laïcs venait d’Aneho et parcourraient toute la région, avec des longues tournées, en moto et en vélo. Ils arrivaient à Tabligbo, Ahepe et Kouvé et descendaient par Vogan. Souvent le père, en moto, tirait le vélo du catéchiste avec une corde.
Parmi les prêtres missionnaires il ne faut pas oublier, le p. Baltz et le p. Bosetti.
A ce temps là, Tabligbo était une ferme et on ne pouvait pas l’appeler village. Selon la coutume, les Ouatchis, cultivateurs, travaillaient dans les champs et faisaient des pauses à midi, dans des fermes, là où ils arrivaient avec leur travail. Tabligbo, était une ferme de ce tipe. De même le Gboto a été peuplé de cette manière.
La zone de Tabligbo a commencé à intéresser les administrateurs colonisateurs qui étaient à Aneho, où à Zébé ils avaient leur capitale, la première capitale du Togoland. Le plateau de Tabligbo est ainsi devenu leur résidence de repos, de vacances. Il faisait mieux vivre qu’à Aneho. Ils ont donc bâti des chalets, typiques maisons de repos, de vacances, et parmi eux celui du gouverneur. Le nom Zébé est resté jusqu’aujourd’hui dans le quartier de la Résidence.
De cette manière Tabligbo a commencé par être un centre administratif. L’église méthodiste s’est installée à ce moment.
Tabligbo demeurait quand même une ferme, sans une grande population. C’est pourquoi les missionnaire SMA ont choisi de mettre la paroisse à Kouvé, qui était un grand village, avec Ahepe à coté, autre gros village.
Tabligbo était donc désormais une station secondaire de Kouve, après avoir été une station secondaire d’Aneho ».
La première chapelle, achevée en 1922, dédiée à Sainte Thérèse est encore là comme monument qui témoigne d’une intense activité missionnaire à Tabligbo. Le bâtiment était divisé en trois parties : une salle de classe, qui servait aussi de lieu pour la prière et la célébration de la Messe. Et aux extrémités une chambre pour le père et une pour le maitre. Elle accueillait les prêtres qui venaient célébrer d’Aného.
- Koutey Assiake Pascal nous dit : « En 1939 on a fait la clôture de l’ancienne chapelle et en 1940 j’ai eu mon Baptême, donné par le père Chazal, sous le nom de Pascal. En 1946 le maitre M. Léonard Akontsou (Tsitsavi) est affecté sur Tabligbo pour planifier l’éducation de l’école catholique. L’arrivée des missionnaires a permis la civilisation de la ville et beaucoup ont connu Dieu. Il a permis que nous soyons des hommes vivants car en ce moment nous portons des pagnes pour aller à la Messe et à l’école et en voyant cela les missionnaires nous aidaient dans les domaines spirituels et intellectuels »
La communauté chrétienne de Tabligbo est confiée aux catéchistes.
Le premier vice président, responsable de la chapelle était Joseph Akakpo-Guetou, disparu 2009. En ce temps même si on ne fréquentait la Sainte Table, on pouvait être vice président de la communauté. A la fin de son mandat il a été remplacé par Emmanuel Soule
Quelques vieux commencent à venir à l’église et ils ne sont que quinze.
Les premiers prêtres, notamment le Père Bosetti, venaient d’Aného, deux ou trois fois dans l’année. Il visitait Agbodrafo (Porto Séguro), Anfoin, Aklakou et Tabligbo. Evidement en ce moment Tabligbo était dans le diocèse de Lomé.
Avant que Kouvé ne devienne paroisse le prêtre d’Aného a divisé le Yoto en deux parties : Yoto-Est et Yoto–Ouest : chaque partie avec son catéchiste.
Pour Yoto–Ouest, le catéchiste c’était Bleke Lucas, et pour le Yoto-Est, dont fait partie Tabligbo, le premier catéchiste résident est Jean Baptiste Afagnigbo, qui est en même temps enseignant.
LA PAROISSE DE KOUVE
La paroisse de Kouvé avait été fondée le 1er janvier 1958 par un décret de Mgr Joseph Strebler, archevêque de Lomé.
Son premier curé a été le p. Ugo Bosetti, SMA.
Les missionnaires SMA seront remplacés à Kouvé en 1965, par les Missionnaires Comboniens, envoyés par MGR Dosseh Anyron et qui avaient été accuillis au wharf de Lomé par le p. Bosetti. Le premier curé combonien est le p. Jean Radaelli. Il sera remplacé en 1968 par le p. Lino Negrato. Parmi les confrères qui y ont travaillé longtemps il est bon de nommer les pères Lino Negrato, Alfonso Zulianello, José Pereira, Saverio Perego, Peppino Basso et le fr. B. Bettani (décédé en 1971)
A Kouve sera construite une église paroissiale digne de ce nom. Cela a été possible par le zèle des fidèles et aussi avec la collaboration du député Ayassou, formé à l’école catholique.
Missionnaires Comboniens et Saint Daniel Comboni
Qui sont les missionnaires comboniens qui, une année après leur arrivée au Togo, sont envoyés à Kouve pour gérer la grande paroisse qui comprends toute la Préfecture de Yoto ?
Et qui vont s’occuper aussi de la station secondaire de Tabligbo ?
Il est bien de faire un rappel sur l’arrivé des missionnaire comboniens au Togo et sur leur fondateur Saint Daniel Comboni.
Pour l’histoire de notre diocèse de Aneho, alors encore territoire de l’Archidiocèse, et donc aussi de notre doyenné du Mono Nord, fructueux furent les contacts informels entre Mgr Robert Casimir Dosseh-Anyron, archevêque de Lomé, qui avait été consacré le 10 juin 1962, quelques mois seulement avant l’ouverture du Concile Vatican II, et le vicaire apostolique de Wau, au Soudan, Mgr Irénée Doud. Entre ces deux évêques africains le discours ne pouvait pas que tomber sur l’urgence de l’évangélisation du continent. Voilà donc l’évêque soudanais parler à son collègue togolais de ces Fils du Sacré-Cœur de Jésus ou Missionnaires de Vérone qui depuis bientôt un siècle, sur les traces de leur fondateur Daniel Comboni, travaillaient à l’évangélisation de son peuple. Mgr Doud les décrivait, ces comboniens, comme d’inlassables travailleurs apostoliques, capables de faire cause commune avec les gens, d’en parler la langue, de manger comme eux, rompus aux plus grandes difficultés et maintenant même aux persécutions
L’expulsion des missionnaires du Soudan rendait disponible une partie de ces ouvriers de la vigne. Le jeune archevêque de Lomé (37 ans) ne croyait pas à ses oreilles
C’est ainsi que Mgr Dosseh prenait contact avec le supérieur général des comboniens, le p. Gaetano Briani, à qui, finalement, l’idée d’envoyer certains de ses fils en Afrique Occidentale ne déplaisait point, car il devenait urgent pour lui de trouver un nouveau champ d’apostolat à ces comboniens que l’expulsion du Soudan semblait contraindre au… chômage apostolique. C’est ainsi que le p. Briani descendait au Togo pour voir…
Le 6 décembre 1963, au terme de la 2è session du concile, c’est Mgr Dosseh lui-même qui dans l’Eglise San Nicolò, à deux pas des arènes de Vérone, présida la cérémonie de la remise de croix aux huit comboniens choisis pour le Togo ainsi qu’à d’autres missionnaires partant pour le Burundi, le Zaïre (ex Congo belge) et d’autres pays encore. S’exprimant magistralement en italien, l’ancien étudiant du collège de Propaganda à Rome devenu archevêque, demandait aux partants pour la terre de leur rêve missionnaire l’amour à Jésus Christ, à l’Eglise et à leur institut. Et de conclure: ‘A ceux qui viendront dans mon diocèse, je veux dire que tous les gens les attendent et les accueilleront avec grande joie’.
Ces huit missionnaires étaient: les pères Francesco Cordero, Francesco Grotto, Mario Piotti, Giovanni Radaelli, Ezio Rossi, Alfonso Zulianello et les frères Nevio Calligaro et Adone Santi. A leur tête, le 6 décembre 1963, le p. Briani avait nommé son représentant dans l’archidiocèse de Lomé et « supérieur religieux », le p. F. Cordero, qui aura donc autorité sur tous les religieux et il sera de son devoir de faire observer les vœux, les constitutions et la règle
La nouvelle expédition missionnaire vers le Togo, tout préparatif accompli, se mettait en branle le soir du jour de l’an 1964. Les 8 confrères quittaient la maison mère pour atteindre d’abord Marseille par train. Là les attendait le bateau à destination de Lomé.
Le matin du dimanche 19 janvier, le bateau français jetait l’ancre devant le wharf de Lomé. Le débarquement se fait ‘en panier’, comme on disait alors. Le bateau ayant stoppé à quelque distance, le panier étant sur le bateau, on y montait à quatre personnes, plus un minimum de bagages. La grue descendait le panier dans la pirogue, puis après avoir déposé les gens, remontait chercher d’autres personnes et ainsi de suite jusqu’à ce que la pirogue soit pleine. La pirogue se dirigeait vers le wharf. Les grues remontaient les voyageurs avec les paniers. Et on marchait jusqu’à la route. Les bagages suivaient. Le port autonome de Lomé n’existait pas encore à l’époque…
Le p. Bosetti, canadien d’origine italienne et membre des SMA, ainsi que l’abbé Gérard Nyuiadzi étaient là pour accueillir les nouveaux arrivés.
On les amena donc au petit séminaire St Pierre Claver de Tokoin, pendant qu’à la radio nationale on annonçait leur arrivée et les gens commençaient à se rassembler à la plage
Un long cortège se forme qui avance vers la cathédrale dédiée au Sacré-Cœur en chantant au son harmonieux d’une fanfare. Pendant une demi-heure les missionnaires, qui avancent au milieu de la foule en portant sur la tête un chapeau de cow-boy pour se défendre du soleil africain, ont l’impression que toute la ville est venue à leur rencontre. Ils auront tout le temps d’expérimenter ce Togo, le pays de l’hospitalité souriante et de l’accueil fraternel. Au milieu d’une épaisse poussière que de centaines de pieds dansant soulèvent, en distribuant des sourires et en agitant les bras, les missionnaires arrivent à la cathédrale où le curé, l’abbé Jean Gbikpi-Benissan, leur présenta le « crucifix que chacun d’entre eux a embrassé avec amour et profond respect « .
Cet accueil triomphal ne pouvait pas ne pas rappeler le débarquement très discret des 5 premiers missionnaires Verbites allemands arrivés à Lomé, alors un tout petit village, le 27 août 1892, et qui le lendemain, le dimanche 28 août, fête de St Augustin, le grand évêque africain patron de leur congrégation, en célébrant l’eucharistie dans une des pièces qu’on leur avait si aimablement prêtées, fondèrent officiellement la mission catholique togolaise. C’était les pères Schäfer et Dier, les frères Norbert, Johannes et Venantius. Alors il n’y avait pratiquement pas de chrétiens au Togo
L’archevêque disait : Ceux que nous recevons aujourd’hui sont pour Kodjoviakopé et Afagnan qui auront chacun trois prêtres et un frère. Chose rare que ce grand nombre accordé à une seule station. Les nouveaux missionnaires s’installeront dans leur paroisse respective après l’examen passé sur l’étude de la langue éwé, étude qu’ils vont bientôt commencer. Après que l’archevêque eut fini de nous parler, les six nouveaux prêtres nous donnèrent leur bénédiction, suivie du Mawugã que Mgr l’archevêque nous demanda de chanter avec vivacité. C’est dans la cour de la mission, devant la grande école, qu’eurent lieu la réception des chrétiens et les discours de bienvenue ».
Comboni
Qui est-ce Daniele Comboni dont les fils sont accueillis au Togo d’une manière si enthousiaste ?
Daniel Comboni: un fils de paysans pauvres qui devint le premier Evêque de l’Afrique Centrale et un des plus grands missionnaires de l’histoire de l’Eglise.
Daniel Comboni naît à Limone sul Garda (Brescia – Italie) le 15 mars 1831, dans une famille de paysans au service d’un riche seigneur de la région. Son père Louis et sa mère Dominique sont très attachés à Daniel, le quatrième de huit enfants, morts presque tous en bas âge.
Ils forment une famille unie, riche de leur foi et de valeurs humaines, mais pauvre en moyens économiques. C’est justement la pauvreté de la famille Comboni qui pousse Daniel à quitter son village pour aller fréquenter l’école à Vérone, auprès de l’Institut de l’Abbé Nicolas Mazza. Au cours de ces années passées à Vérone, Daniel découvre sa vocation au sacerdoce et il s’ouvre à la mission de l’Afrique Centrale. En 1854, Daniel Comboni est ordonné prêtre et trois ans après il part pour l’Afrique avec cinq autres missionnaires de l’Abbé Mazza, avec la bénédiction de sa mère Dominique qui lui dit: «Vas, Daniel, et que le Seigneur te bénisse».
Après quatre mois de voyage, l’expédition missionnaire dont Comboni fait partie arrive à Khartoum, la capitale du Soudan. Le choc du contact avec la réalité africaine est énorme. Comboni se rend compte tout de suite des difficultés que sa nouvelle mission comporte. Les fatigues, le climat difficile, les maladies, la mort de nombreux et jeunes compagnons missionnaires, la pauvreté et la situation d’abandon des gens, le poussent toujours davantage à continuer et à ne pas quitter ce qu’il avait commencé avec tant d’enthousiasme.
En assistant à la mort en Afrique d’un jeune compagnon missionnaire, Comboni, au lieu de se décourager, se sent encore plus intérieurement confirmé dans sa décision de continuer sa mission: «Ou l’Afrique ou la mort».
Et c’est toujours l’Afrique et ses peuples qui poussent Comboni, une fois revenu en Italie, à mettre au point une nouvelle stratégie missionnaire.
En 1864, alors qu’il était en prière sur la tombe de S. Pierre à Rome, Daniel est frappé par une illumination fulgurante qui le pousse à élaborer son fameux «Plan pour la régénération de l’Afrique», un projet missionnaire qui peut être synthétisé en une phrase: «Sauver l’Afrique par l’Afrique», fruit de sa confiance sans limites dans les capacités humaines et religieuses des peuples africains.
Sa foi inébranlable dans le Seigneur et dans l’Afrique le conduit à fonder, respectivement en 1867 et en 1872, les Instituts masculin et féminin de ses missionnaires, connus plus tard sous le nom de Missionnaires Comboniens et de sœurs Missionnaires Comboniennes.
Il participe au Concile Vatican I, faisant souscrire à 70 Evêques une pétition en faveur de l’évangélisation de l’Afrique Centrale.
Le 2 juillet 1877, Comboni est nommé Vicaire Apostolique de l’Afrique Centrale; un mois après il est consacré Evêque: c’est la confirmation que ses idées et ses actions, jugées par beaucoup de personnes trop courageuses ou même folles, sont bien efficaces pour l’annonce de l’Evangile et la libération du continent africain.
En 1880, avec toujours le même courage, Monseigneur Comboni revient en Afrique, pour la huitième et dernière fois, à côté de ses missionnaires, décidé à continuer la lutte contre la plaie de l’esclavage et à consolider l’activité missionnaire avec les africains eux-mêmes. L’année suivante, éprouvé par la fatigue, les morts fréquentes et récentes de ses collaborateurs, l’amertume des accusations et des calomnies, le grand missionnaire tombe malade. Le 10 octobre 1881, à l’âge de cinquante ans, marqué par la croix qui jamais ne l’a abandonné comme une épouse fidèle et aimée, il meurt à Khartoum, parmi ses gens, conscient que son œuvre missionnaire ne mourra pas. «Je meurs, dit-il, mais mon œuvre, qui est œuvre de Dieu, ne mourra pas». Il est enterré à Khartoum dans la cour de la mission.
Daniel Comboni a vu juste. Son œuvre n’est pas morte; au contraire, comme toutes les grandes œuvres qui «naissent aux pieds de la croix», elle continue à vivre grâce au don de leur propre vie que tant d’hommes et de femmes vivent, eux qui ont décidé de suivre Comboni sur le chemin de la mission ardue et enthousiasmante parmi les peuples les plus pauvres de la foi et les plus abandonnés de la solidarité humaine.
Le 26 mars 1994 est reconnue l’héroïcité de ses vertus, et le 6 avril 1995 est reconnu le miracle opéré grâce à son intercession en faveur d’une jeune fille afro-brésilienne, Maria José de Oliveira Paixão. Ainsi donc le 17 mars 1996 il est béatifié par Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre.
Le 20 décembre 2002 est reconnu le second miracle opéré grâce à son intercession en faveur d’une mère musulmane du Soudan, Lubna Abdel Aziz, et le 5 octobre 2003 il est canonisé par Jean-Paul II dans la basilique Saint-Pierre, à Rome.
TABLIGBO : STATION SECONDAIRE DE LA PAROISSE DE KOUVE
Quand Kouve devient paroisse, 1 janvier 1958, Tabligbo en est une des ses stations secondaires. Elle est servie par le catéchiste Jean baptiste Afagnigbo.
Quand le catéchiste et enseignant Afagnigbo Jean Baptiste est affecté à Sédome, arrive, en 1965, Pierre Dosseh qui prend Paul Toglo comme collaborateur pour deux ans d’activités pastorales. Quand en 1967 il sera envoyé comme catéchiste à Sika-kondji, Paul Toglo le remplace. A ce temps la chapelle était dédiée à Sainte Thérèse. Le nombre des fidèles est très petit et ne comptait que des élèves.
Normalement les pères venaient seulement les samedis à 5 h 45 et les dimanches Paul Toglo s’occupait de la prière. En voyant le zèle des fidèles et des étrangers chrétiens qui étaient là, parfois les prêtres venaient de Togoville le dimanche et repartaient le même jour.
Le zèle de Paul Toglo ramène beaucoup de fidèles sur le chemin du Christ toujours avec la collaboration des prêtres de Kouve qui venaient à Tabligbo de temps à autres et pour les grandes fêtes.
Un grand hommage doit être rendu à M. Paul Toglo et nous le faisons à travers ses propres paroles. Le Catéchiste Paul Toglo nous dit que : «la paroisse lui à permit de connaître Dieu. Dans les années 40 et 50 il n’y a pas de catéchiste et c’était l’enseignant de l’école qui lui faisait la catéchèse, à la sortie des classes à 12 h00 et à 17h 00. La paroisse lui a permit d’être catéchiste et Fidei custos, ministre extraordinaire de la Communion. Avec mon baptême j’ai eu la joie d’être chrétien. J’ai eu mon baptême au Ghana le 15 Février 1964 à St Joseph Osonase par le Père William Kane, et ma confirmation le 21 Février 1965 à Kouvé par Monseigneur Dosseh Anyron et mon mariage le 20 Juin 1986. Les prêtres de la paroisse organisaient tous les quinze jours un enseignement pour tous les catéchistes de la paroisse et des stations secondaires. Avec joie nous avons écouté la Parole de Dieu. Par l’exercice de la catéchèse et la célébration du Baptême, nous avions la joie d’avoir rachetés beaucoup d’âmes. Parfois nous étions découragés car après les sacrements certaines fidèles ne venaient plus à la Messe et n’observent plus ce qu’ils avaient appris à la catéchèse.
Normalement il n’y avait pas de prêtres pour la messe dominicale et c’est moi qui faisais la prière du dimanche. Je faisais aussi l’intermédiaire entre les Prêtres de Kouvé et les fidèles de Tabligbo. De lundi à samedi il y avait la catéchèse et les samedis, à l’aube, à cinq heures les pères de Kouvé venaient pour la Messe car nous ne sommes pas nombreux pour que le père vienne le dimanche.
En voyant notre dévouement, les pères ont commencé à venir les dimanches pour la messe. En voyant que la petite chapelle n’arrivait plus à nous contenir les fidèles qui augmentaient nous sont allés voir les pères pour demander une nouvelle église : celle qui est là maintenant ».
Au temps du curé Lino Negrato la fréquence à l’église n’est pas trop nombreuse. Plusieurs seront les missionnaires comboniens qui se succéderont pour le travail apostolique à Kouve, donc aussi à Tabligbo, parmi eux, Alphonse Zulianello, José Perreira, Jean Baptiste Gobbi.
A Tabligbo la collaboration avec les autorités est normale et de respect réciproque.
En 1979 l’Eglise de Tabligbo n’est formée que des familles Toglo et Amegan. Cette dernière vient de Lomé et elle fait partie de la Légion de Marie. Selon sa propre formation tout légionnaire fait son apostolat avec le souci de former d’autres groupes légionnaires, toujours en relation avec le curé de la paroisse. Aidé par le p. Alphonse Zulianello, en matériel et pour le déplacement, ce couple forme un groupe de la Légion de Marie avec qui il prie et il font l’apostolat dans les fermes.
La communauté de Tabligbo s’accroît et on demande qu’un prêtre soit présent tous les dimanches. Quand les pères de Kouve sont empêchés, on part chercher les prêtres à Togoville. Pour ce faire M. Joachin Lana, M. Kpodjro et Gbegnendji mettent à disposition leur voiture : ils vont les chercher le matin et les ramènent dans l’après midi. Le prêtre est toujours accueilli par des familles pour manger et se reposer.
Il se forme aussi une chorale qui porte le nom de sainte Cécile, celle qui aujourd’hui est Chorale Saint Esprit.
TABLIGBO DEVIENT PAROISSE
En 1979 le p. Luigi. Marcolongo est affecté à Togoville pour remplacer le p. Ambrogio Piazza parti en congé. De son retour au Togo, on propose au père Piazza de se rendre à Kouvé, où il sera avec les pères Lino Negrato et Antonio Arbor. P. Piazza devra suivre d’une manière particulière la communauté de Tabligbo, en vue de la préparer pour devenir paroisse autonome. Le père est réticent, mais il finit par accepter. Cette première tentative de fondation de Tabligbo sera une faillite car seulement quelque temps après le p. Piazza quittera définitivement le Togo pour rentrer en Italie.
Le temps passe et Tabligbo reste toujours station secondaire.
Raconte Mgr Dosseh Anyron, archevêque émérite de Lomé, « De ma nomination à évêque de Lomé, j’ai toujours eu dans l’esprit de faire de Tabligbo une paroisse, à cause de son être centre administratif et chef lieu de préfecture. Tabligbo, centre de préfecture, en effet, grandit de plus en plus en population, et j’ai décidé que ce centre d’administration civile devait devenir paroisse. La chefferie Viagbo avait donné un terrain pour la paroisse.
Le 17 août 1986 : j’installais le p. Giovanni Battista Gobbi comme premier curé de la paroisse Saint Esprit de Tabligbo. Pour moi c’était comme un rêve qui se réalisait.
J’ai décidé de donner à la paroisse le nom de Saint Esprit, nom nouveau par rapport à l’ancien patron, qui était, je crois, Sainte Thérèse.
J’étais déjà venu à Tabligbo pour célébrer des Confirmations pour la paroisse de Kouvé.
La pose de la première pierre, qui a été faite le même jour, 17 août, a été, comme il est coutume chez nous, une grande fête et une journée de joie et d’allégresse.
En préparation a cet événement je sentais comme une rivalité qui trainait entre Kouve, la paroisse mère et Tabligbo, la nouvelle paroisse qui aller être instituée. Mais le jour de la fête a été le moment d’une grande détente et joie participée par tout le monde, une expérience de pacification : mère et enfant, dans la foi, réunit dans la joie. Ce jour-là, j’ai senti cela d’une manière claire ».
Au cours de l’année 1985 le p. Jean Baptiste Gobbi est envoyé à Kouve avec mission de fonder la paroisse de Tabligbo. Au début du mois de Janvier 1986 le p. GOBBI il vint s’installer à Tabligbo et le 30 janvier 1986 il a célébré sa première messe, qui a été la messe d’enterrement de M. Agboé Kokouvi Gorges, Ce 30 janvier était un jeudi. Le père GOBBI au cours de sa première réunion qu’il a tenu avec le comité paroissiale d’alors dirigé par le feu Hubert Kpodzro a déclaré que le nouveau nom de la Paroisse était « Saint Esprit »
Au moment où la communauté chrétienne de Tabligbo, le 17 août 1986 est érigée en paroisse par Mgr Dosseh Anyron, elle prend donc le nom de Saint Esprit. En même temps donne le sacrement de al Confirmation et pose la première pierre de la future église paroissiale. C’était M. Lana et M. Paul Lawson qui étaient partis à Atakpame pour ramener le bloc de marbre qui aurait été posé comme première pierre de l’église.
Le premier curé, p. Jean Baptiste Gobbi, est secondé par le p. Luigi Gambin, comme vicaire.
Tabligbo paroisse a aussi ses stations secondaires qui deviennent de plus en plus nombreuses : Kinikondji, Akoudokpo, Doudava, Amoussime, Gboto Klohome, Gboto Assigame, Gboto Kossidame, Gboto Zogbé, Ese Ana Sedome, Kodehoe, Tometykondji.
Tokpli, Sikakondji, Atakpamede, Segble qui formeront ensuite la paroisse de Tokpli.
Le Père Jean Baptiste Gobbi, au bout de quelques années quittera la congrégation combonienne pour devenir prêtre diocésain en Italie. Revenu au Togo, en 2001, comme diocésain missionnaire il sera accueilli par Mgr Dossavi et nommé curé à Tokli, paroisse détachée de Tabligbo. Il fondera aussi une association des frères missionnaires de Saint Joseph. Il sera rappelé au Seigneur le 7 novembre 2008. Il est enterré à Tokpli.
Notre paroisse lui doit ses débuts.
A Tabligbo il est remplacé, en 1988, comme curé par le p. Luigi Gambin. P. Flavio Mazzata est le nouveau vicaire.
En 1994, Aneho devient diocèse, détache de l’Archidiocèse de Lomé, et le premier évêque est Mgr. Victor Hounake : il sera rappelé à Dieu dans un très court délai, le 4 aout 1995.
Lui succède en 1996 Mgr Paul Dom Dossavi, que Dieu rappellera à lui dans le 13 septembre 2005. Le troisième évêque élu pour le diocèse d’Aného est Mgr Isaac Jogues Gaglo, qui sera consacré le 2 Février 2008
Successivement Tabligbo verra comme curés le p. Flavio Mazzata, le p. Bruno Gilli, le p. Elio Boscaini et dernièrement le p. Gaetano Montresor, en 2007.
La collaboration avec les laïques a été toujours importante et cela s’est manifesté des plusieurs manière notamment à travers le conseil pastoral paroissial et leurs vice-présidents. Les différents vices présidents du conseil paroissial qui se sont succédés ont été: Joseph Akakpo Guetou et ensuite Emmanuel Koffi Soule de 1970 à 1982 ; Hubert Kpodzro de 1983 à 1987 ; Pierre Viagbo de 1988 à 2002 ; Augustin Gbankou de 2003 à 2010 et Vincent Akakpo à partir de septembre 2010.
Un service important a été toujours fait sur la paroisse : celui de traduire les pères, particulièrement en difficulté pour apprendre à parler la langue locale, l’ewe, le ouatchi ou le mina. Parmi ceux qui ont excellé en ce service nous rappelons Remis Afagnigbo, Joseph Nyametso et Michel Djata, ces deux derniers encore ne service aujourd’hui.
Soutenons notre paroisse
Soutenir les personnes vulnérables, promouvoir l’évangélisation, faire vivre la communauté chrétienne ainsi que contribuer aux travaux de construction et de rénovation de la paroisse sont des responsabilités qui incombent à chaque chrétien, mais aussi à toute personne de bonne volonté.
Dans cet esprit, votre soutien est essentiel. Vos dons, quels qu’en soient la nature ou le montant, sont les bienvenus et participent concrètement à la réalisation de ces missions au service de tous.
Nous vous remercions sincèrement pour votre générosité et votre engagement.
« Que chacun donne comme il l’a décidé dans son cœur, sans regret ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2 Co 9,7)
